Mode locale de la tête aux pieds : Voici comment je célébre le Jour de la Terre et la Fashion Revolution Week

 dans Mode

There is no beauty in the finest cloth if it makes hunger and unhappiness. 
– Matahma Gandhi

 

En ce 22 avril, plus de 193 pays célèbrent le Jour de la Terre. Ce lundi marque aussi le début de la semaine de la Fashion Revolution qui vise à promouvoir une mode éthique et durable. Ce mouvement a été créé en réponse à l’effondrement du Rana Plaza, survenu au Bangladesh le 24 avril 2013, et qui a entraîné la mort de plus de 1110 personnes.

Les vraies victimes de la mode

Vous rappelez-vous ? Cette tragédie a (re)mis en lumière les mauvaises conditions de travail et l’environnement totalement non-sécuritaire dans lequel travaillaient les personnes qui font nos vêtements. Quand un t-shirt coûte 10$, c’est parce qu’il y a quelqu’un qui n’a pas été payé pour son travail. Tristement, le drame du Rana Plaza m’a aidé à devenir encore plus sensible aux conditions de production, à la qualité d’un vêtement et à la préservation de l’environnement. Je ne jette rien. J’échange ou je donne.

 

Dailleurs, l’industrie de la mode est une des plus polluantes et qui demande le plus de ressources. La production de masse demande énormément d’eau, de transport et d’humains. Nous voulons toujours de nouveaux vêtements et il y a toujours un nouvel item qui nous plaira, ceci à l’infini tandis que les ressources de notre planète elles, ont une fin.

La mode reste un luxe, non parce que les achats doivent être nécessairement nombreux et dispendieux, mais parce qu’ils ne sont pas tous de première nécéssité. Est-ce juste que notre environnement, les animaux et des humains en paient le prix? Bonne question.

Ma petite histoire avec la mode

Cependant, cela n’a pas toujours été ainsi. J’ai grandi dans un environnement socio-économique défavorisé. Je le dis souvent, car cela a eu une grande influence sur plusieurs aspects de ma vie, dont ma passion pour la mode. Au cours de mon enfance et de mon adolescence, une grande partie de mes vêtements venaient des bazars d’églises et c’était une époque où le vintage n’était pas dans l’air du temps.

Les fois où ma mère pouvait se permettre de m’acheter de nouveaux vêtements, je choisissais des couleurs fades afin d’éviter que d’autres enfants s’aperçoivent que je portais toujours les mêmes. Je me rappelle encore de ce garçon de 14 ans qui m’a dit que ses vêtements provenaient de La Baie et que j’avais l’air d’être habillée par l’Accueil Bonneau…

Quand j’ai commencé à travailler et que je pouvais acheter mes propres vêtements, je choisissais les vêtements les moins chers et les plus ordinaires, pour pouvoir les porter souvent en passant inaperçue. Ensuite, je magasinais dans de grandes chaînes internationales, car je ne connaissais rien d’autre et car je dois l’avouer, je voulais simplement être comme tout le monde, enfin !

 

Heureusement, ma situation a changé et je peux pleinement m’exprimer à travers la mode. Sans être parfaite, j’essaie de faire des achats responsables en soutenant les friperies, les marques éthiques et locales, aussi souvent que je peux comme mes moyens me le permettent. Cela ne se limite pas aux vêtements. Cela s’applique aux bijoux, sacs-à-mains et souliers aussi.

Adopter une mode éthique et durable, c’est prendre conscience qu’il y a des humains derrière les étiquettes “made in” que nous portons. Des humains exactement comme ceux qui ont péri lors de la tragédie du Rana Plaza. C’est réaliser que j’ai un pouvoir et qu’il y a des choix qui sont à ma portée.

J’ai aussi conscience que la plupart des gens n’ont pas les mêmes choix par manque de moyens financiers, accessibilité ou priorités tout comme moi auparavant. En fait, je me considère privilégiée et j’espère que les priviligiés de ce monde prennent conscience de leur pouvoir de consommation.

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